LE CROQUIS A L'AQUARELLE ET CONSEILS DE MISE EN PAGE
L'aquarelle est une technique parfaitement adaptée au travail du croquis de par sa simplicité de mise en uvre et sa rapidité d'exécution. Elle permet de restituer subtilement et avec une grande sensibilité la lumière, l'espace et le mouvement.
Méthode :
Travailler une esquisse rapide au crayon ou à l'encre (encre de Chine,
brou de noix, feutre fin). Utiliser l'aquarelle pour structurer l'espace du
croquis par la couleur, et surtout par l'ombre et la lumière. Trouver
des effets graphiques pour rendre les textures (végétal, minéral,
ciels, eau etc
) avec le minimum d'interventions et de reprises. Ne pas
oublier la transparence et le travail des blancs.
Le piège consiste à vouloir reproduire photographiquement la
réalité du modèle ! Avec l'aquarelle, il faut interpréter
cette réalité, l'abstraire (retirer le superflu et l'anecdotique),
la réduire à sa plus simple expression. Sans quoi votre aquarelle
paraîtra coloriée et maladroite. Vous devrez poser vos lavis
comme autant de plans qui structureront votre paysage, surtout sans vous perdre
dans les détails.
Petit florilège du carnettiste...
Faire preuve de curiosité en allant jeter un oeil sur des carnets de voyage célèbres ou moins célèbres (Delacroix, Titouan Lamazou etc.), mélanger les techniques et composer sa page en combinant textes, impressions, photos, tickets, dessins, gammes de couleurs, matières..., ne pas considérer que les sujets "touristiques" : un carnet de voyage doit refléter votre voyage à vous, ce n'est pas un recueil de jolies cartes postales ; en effet, tout est intéressant, depuis le monument incontournable jusqu'à l'anecdote qui vous a marqué vous..., éviter de trop reprendre vos dessins après coup : vous perdrez en spontanéité et en fraîcheur, travailler votre carnet au jour le jour et noter les heures et dates. Et aussi, un carnet de voyage peut commencer au bout de votre rue... Nul besoin d'aller bien loin!





Avant de savoir faire, le peintre doit savoir voir ! Le dessin doit être
comme un instantané photographique qui condense en un minimum de temps
et d'espace une somme de sensations et d'impressions.
Retrouver ce qui est significatif et signifiant dans le modèle, travailler
un peu en " état d'urgence ", car le modèle (personnage,
lumière qui baigne le paysage, animal, eau vive etc.
) peut s'avérer
fugace.
Donner l'impression du vivant, du mouvement, de la texture.
Le peintre porte un regard plastique sur ce qu'il veut dessiner : il doit s'attacher à représenter avec le minimum de moyens et de traits les qualités profondes du sujet en trouvant l'équilibre entre regard analytique et gestuelle.
Le dessin est une illusion de la réalité ! Il implique une
transposition d'une part grâce à des moyens plastiques : matière,
plan du support, lumière, couleurs, rythmes, d'autre part avec la gestuelle,
l'énergie et l'émotion au moment du dessin.
La main doit en effet transcrire ce que l'il voit : le peintre devient
une "machine à dessiner" et doit concevoir la forme
dans son ensemble et non par la recherche du détail et de l'anecdote.
Un dessin bien vu dans une notation rapide doit faire ressortir LE trait caractéristique.
Quand le peintre dessine, son regard doit se porter aux trois-quarts du temps
sur le modèle, et seulement pour l'autre quart sur le dessin.
Le croquis ne doit pas forcément être complet, mais vivant. C'est
l'économie des moyens qui offrira une vision synthétique et
essentielle.
Il n'est pas inutile de composer mentalement son dessin avant de l'entreprendre
sur le papier, comme si l'oeil prenait une photo. Les premiers traits d'un
croquis doivent composer l'ensemble de la structure du dessin finalisé
en indiquant essentiellement et le plus justement possible les masses, les
directions et les lumières.