L'aquarelle
sait bien restituer la légèreté, la transparence,
l'aspect fragile et la douceur des fleurs.
Les fleurs
blanches sont difficiles à réussir : comment maîtriser la lumière, comment obtenir les gris colorés et les beiges des ombres, comment préserver le blanc ?
Le
blanc et l'aquarelle
Le blanc n'est jamais tout à
fait blanc.
La subtilité des camaieus de blancs colorées (gris, mauves,
ocres, bruns, bleus etc
) rehaussera le blanc-lumière.
Les ombres doivent rester
des ombres : leur couleur ne doit pas devenir ton local.
L'aquarelle est une technique où l'on n'utilise pas de blanc pour peindre, contrairement aux autres techniques de peintures, le pigment blanc opacifiant les lavis.
Les aquarellistes expérimentés se permettront, sans risquer de dénaturer
leur aquarelle, quelques rehauts à la gouache, à l'encre blanche ou à l'aquarelle
blanche en finition.
Pour réserver le blanc du papier, vous utiliserez :
Le drawing-gum (gomme à masquer) appliqué au minceau ou à la plume : attention aux contours très nets de ces réserves.
La bougie ou la craie
grasse blanche : la cire ou le gras repoussent l'eau.
Pour retrouver des blancs, vous utiliserez :
Le
grattage à
la lame pour des détails très fins en rehaut.
Le ponçage sur aquarelle sèche avec
du papier abrasif très fin.
La dépigmentation avec un pinceau dur.
N'abusez pas de ces procédés
et pensez à réserver le blanc quand vous peignez votre aquarelle !
Exercice pratique : le
brin de muguet
Le dessin
: situez
tout d'abord les tiges principales. Les clochettes du muguet devront s'y accrocher élégamment en souplesse et sans rigidité.
Ne les dessiner trop petites et simplifiez.
Pour les feuilles, veillez à leur donner de la rondeur et observez
bien de quelle manière elles se retournent. Ne dessinez pas les gouttes de rosée.
Placez ensuite à la plume quelques lignes de gomme à masquer sur les petites tiges qui raccrochent les clochettes aux tiges principales. Tendez et mouillez votre papier.
Les couleurs : toujours mélanger les verts avec un peu de rouge ou d'ocre jaune
ou de gris de Payne. S'agissant d'un vert assez vif et lumineux, n'hésitez
pas à rajouter beaucoup de jaune citron. On observe que les ombres tirent vers l'ocres et que le vert des
feuilles rejaillit délicatement sur le blanc des clochettes. Commencez
votre aquarelle par les tiges principales plus foncées
en bas. Prenez garde à ne pas peindre sur les clochettes situées
à cheval sur ces tiges. Ensuite, vous peindrez les feuilles en respectant bien l'intensité
lumineuse. N'oubliez pas de creuser les ombres avec du vert foncé.
Vous simulerez les rainures sur les feuilles avec cette astuce
: quand la couleur est encore humide, prenez le bout du manche de votre pinceau
et gravez avec des striures. Cela aura pour effet de creuser dans le papier de
très fins sillons dans lesquels le pigment s'amasse en créant
de fines nervures plus sombres.
Les
clochettes : vous poserez simplement les ombres
ocres ou ocres-verts en les estompant sur les bords. On doit sentir que l'ombre
est partie intégrante du volume de la fleur. Vous délimiterez
les contours des clochettes en peignant le fond.