Avant de savoir faire, le peintre doit savoir voir ! Le dessin doit être comme un instantané photographique qui condense en un minimum de temps et d'espace une somme de sensations et d'impressions.
Retrouver ce qui est significatif et signifiant dans le modèle, travailler un peu en " état d'urgence ", car le modèle (personnage, lumière qui baigne le paysage, animal, eau vive etc.
) peut s'avérer fugace.
Donner l'impression du vivant, du mouvement, de la texture.
Le peintre porte un regard plastique sur ce qu'il veut dessiner : il doit s'attacher à représenter avec le minimum de moyens et de traits les qualités profondes du sujet en trouvant l'équilibre entre regard analytique et gestuelle.
Le dessin est une illusion de la réalité ! Il implique une transposition d'une part grâce à des moyens plastiques : matière, plan du support, lumière, couleurs, rythmes, d'autre part avec la gestuelle, l'énergie et l'émotion au moment du dessin.
La main doit en effet transcrire ce que l'il voit : le peintre devient une "machine à dessiner" et doit concevoir la forme dans son ensemble et non par la recherche du détail et de l'anecdote. Un dessin bien vu dans une notation rapide doit faire ressortir LE trait caractéristique.
Quand le peintre dessine, son regard doit se porter aux trois-quarts du temps sur le modèle, et seulement pour l'autre quart sur le dessin.
Le croquis ne doit pas forcément être complet, mais vivant. C'est l'économie des moyens qui offrira une vision synthétique et essentielle.
Il n'est pas inutile de composer mentalement son dessin avant de l'entreprendre sur le papier, comme si l'oeil prenait une photo. Les premiers traits d'un croquis doivent composer l'ensemble de la structure du dessin finalisé en indiquant essentiellement et le plus justement possible les masses, les directions et les lumières.

Voyager, c'est partir à la découverte d'horizons nouveaux, de paysages inhabituels. C'est humer une atmosphère et des senteurs différentes, écouter des langues parfois obscures, découvrir d'autres modes de vie.
C'est nourrir sa curiosité.
Le carnet de voyage offre une alternative passionnante pour aborder ces terra incognita. Véritable journal intime du peintre voyageur, il permet de collecter en temps réel impressions, émotions et observations. Ce petit album recueillera alors au fil de ses pages les dessins, réminiscences, photos, poussières, végétaux, écrits et tous les petits cailloux qui jalonnent un voyage, au gré d'une mise en page très personnelle.
Ainsi, le carnet de voyage devient objet précieux, objet d'artiste, objet de tous les souvenirs à feuilleter
Nul besoin d'être un dessinateur ou un aquarelliste averti pour apprendre à composer son carnet de voyage. Seule compte la capacité du voyageur à aiguiser sa curiosité et son sens de l'observation, à discerner l'essentiel de l'anecdote, à découvrir sur le vif la beauté là où on ne l'attendait pas nécessairement.
L'aquarelle, par sa rapidité d'exécution et le peu de moyens nécessaires à sa mise en uvre autorisera des notations colorées fugitives et spontanées ; les feutres, stylos billes et crayons divers amèneront des touches plus graphiques et contrastées. Les collages et inclusions de textes, les photos et les matériaux récoltés au gré des promenades seront autant de petits clins d'il imagés qui enrichiront le carnet de voyage.
Et pour ceux qui désirent expérimenter d'autres techniques :
Craies, crayons de couleurs aquarellables, craies grasses, gouaches, papiers de couleur, encre de Chine noire, plume et porte-plume, feutres, pinceau à réservoir d'eau etc
Prévoir un petit sac à dos pratique et léger ou une sacoche " besace ", de bonnes chaussures de marche et éventuellement un petit siège pliant portatif.

L'Atelier de la Salamandre prévoit d'organiser un stage
"Carnet de voyage à New-York"
dessin et aquarelle
du 6 au 13 juin 2009.
Si vous êtes intéressés, merci d'envoyer vos coordonnées via le formulaire de contact
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| Aquarelles de Delacroix et de Turner : Venise et le Maroc |
LE CROQUIS A L'AQUARELLE ET CONSEILS DE MISE EN PAGE
L'aquarelle est une technique parfaitement adaptée au travail du croquis de par sa simplicité de mise en uvre et sa rapidité d'exécution. Elle permet de restituer subtilement et avec une grande sensibilité la lumière, l'espace et le mouvement.
Méthode :
Travailler une esquisse rapide au crayon ou à l'encre (encre de Chine, brou de noix, feutre fin). Utiliser l'aquarelle pour structurer l'espace du croquis par la couleur, et surtout par l'ombre et la lumière. Trouver des effets graphiques pour rendre les textures (végétal, minéral, ciels, eau etc
) avec le minimum d'interventions et de reprises. Ne pas oublier la transparence et le travail des blancs.
Le piège consiste à vouloir reproduire photographiquement la réalité du modèle ! Avec l'aquarelle, il faut interpréter cette réalité, l'abstraire (retirer le superflu et l'anecdotique), la réduire à sa plus simple expression. Sans quoi votre aquarelle paraîtra coloriée et maladroite. Vous devrez poser vos lavis comme autant de plans qui structureront votre paysage, surtout sans vous perdre dans les détails.
Petit florilège du carnettiste...
Faire preuve de curiosité en allant jeter un oeil sur des carnets de voyage célèbres ou moins célèbres (Delacroix, Titouan Lamazou etc.), mélanger les techniques et composer sa page en combinant textes, impressions, photos, tickets, dessins, gammes de couleurs, matières..., ne pas considérer que les sujets "touristiques" : un carnet de voyage doit refléter votre voyage à vous, ce n'est pas un recueil de jolies cartes postales ; en effet, tout est intéressant, depuis le monument incontournable jusqu'à l'anecdote qui vous a marqué vous..., éviter de trop reprendre vos dessins après coup : vous perdrez en spontanéité et en fraîcheur, travailler votre carnet au jour le jour et noter les heures et dates. Et aussi, un carnet de voyage peut commencer au bout de votre rue... Nul besoin d'aller bien loin!