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Les recherches sur la perspective prendront véritablement forme au 15ème siècle, en Italie et plus précisément à Florence. C'est Brunelleschi (1377-1446) qui jettera les bases de la perspective comme méthode de dessin, rigoureuse et argumentée, en évoquant les notions de points de fuite et de ligne d'horizon. Il réalisera une expérience capitale devant le Baptistère de Florence qui prouvera le bien-fondé de sa théorie perspective grâce au système Tavoletta.Cette expérience montrera également les limites de la représentation perspective : pour qu'une image dessinée en perspective paraisse juste, il faut absolument que le spectateur soit placé en face du point de fuite principal du tableau. Si le spectateur s'écarte de cette position, l'image devient fausse. Alberti (1404-1472) théorisera et développera les intuitions de Brunelleschi : il affirme que dessiner en perspective revient à observer le sujet à travers la vitre d'une fenêtre, et à y reporter tout ce qui est vu. En termes géométriques, le dessin en perspective est une projection centrale sur un plan, où le centre est l'oeil fixe de l'observateur, et le plan la toile posée sur son chevalet. A l'apogée de la Renaissance, la perspective devient incontournable et son utilisation systématique dans la représentation de l'espace picturale : les lignes fuyantes, les quadrillages au sol et des vues de cités idéales parfaites remplacent les paysages jugés inexacts et chaotiques. L'homme de la Renaissance projette, grâce à la perspective, un monde construit tel qu'il l'idéalise et se représente au centre, homme universel et tout-puissant. Cette vision du monde obéit à la volonté de vouloir tout codifier, de trouver un ordre et une logique sous-jacents au chaos du monde réél. Paolo Uccello sera un des plus grands représentants de cette perspective souveraine.

Les illusions baroques
: le baroque exploitera les multiples possibilités illusionnistes offertes par la perspective. Les 16ème et 17ème siècles seront les siècles du trompe l'oeil et des fausses architectures qui élargissennt ou modifient la perception des espaces intérieurs. La perspective devient alors l'art de la tromperie qui amuse et séduit tout à la fois par la grâce de sa virtuosité. Parallèlement, elle devient une véritable science mathématique.

La période moderne et l'éclatement des perspectives : certains peintres mirent assez rapidement le doigt sur les limites de la perspective centrale et ses déformations exagérées jusqu'à l'anamorphose, l'impossibilité pour le spectateur de choisir son point de vue, une rigidité imposée et une difficulté à représenter les courbes et le "flou". L'éonard de Vinci évoquera ainsi très tôt l'idée de la perspective atmosphérique avec le travail du sfumato qui estompe les lointains dans une brume bleutée.
Les peintres mettront longtemps avant de se détacher de la perspective et de la vision centrale qu'elle induit. Même les Romantiques et les Impressionnistes n'y échappent pas ! Il faudra attendre le début du 20ème siècle, la découverte d'autres formes de représentation telles que les estampes japonaises ou l'art africain, la révolution industriuelle et l'ère de la machine et de la vitesse, le bouleversement de la première guerre mondiale, pour s'affranchir des lois de la toute puissante perspective linéaire. Le Cubisme refusera la vision statique de la Renaissance et proposera une représentation dynamique de la nature et des sujets. Le Futurisme introduira la notion de temporalité et de vitesse, le Surréalisme insistera sur un espace rêvé onirique proche des théories psychanalytiques.
Ainsi, il est impossible de réduire la représentation de l'espace à un simple exercice de géométrie : la perspective est avant toute chose une mise en perspectives de points de vue, d'idée et de pratiques.


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La perspective
La Cité idéale d'Urbino, Pierro della Francesca, 1475
Andrea del Pozzo, trompe l'oeil baroque St Ignace

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